Liverpool-Tottenham, l’anomalie de l’histoire

Écrit parsur 1 juin 2019

LIGUE DES CHAMPIONS – Année après année, la Ligue des champions déroule son tapis rouge aux stars et aux gros bras. Surprise, cette saison, la finale opposera deux clubs qui n’épousent pas les contours des finalistes habituels. Loin de là.

Celle-ci, personne ne l’avait vu venir. Voilà une finale à faire valser toutes nos certitudes acquises ces dernières années. Cette saison de Ligue des champions ne ressemble à aucune autre par ses scénarios renversants et par son casting final. Liverpool-Tottenham, il fallait être sacrément inspiré (ou complètement à côté de la plaque, c’est selon) pour prédire une telle affiche. Alors oui, Liverpool se tenait à la même place l’an passé, mais il faut remonter à l’édition 2008 pour trouver trace d’une finale où ne figure aucune des trois grandes puissances du football européen abonnées au dernier carré depuis dix ans (FC Barcelone, Real Madrid, Bayern Munich) et à l’édition 2013 pour une finale où ne figure ni CR7 ni Leo Messi.
Ce n’est pas exactement une finale de sans-grade. Les Reds pèsent cinq Ligues des champions et Tottenham, habitué au podium de Premier League désormais, a les reins plus solides que la moitié des participants à la C1 cette année. Mais le duo n’a plus rien gagné comme trophée majeur depuis… 2006 pour Liverpool (une Cup) et 2008 pour Tottenham (Coupe de la ligue anglaise). Ce samedi, l’un des deux remportera le trophée de club le plus prestigieux après plus de dix ans de disette. C’est insensé tant la Ligue des champions ne s’offre qu’à des habitués aux lauriers.

Tottenham, finaliste le plus inattendu de la décennie

Tottenham est la première équipe à atteindre la finale sans avoir jamais remporté la compétition depuis 2012 et le sacre de Chelsea. Mais les Blues étaient programmés depuis plusieurs années pour aller au bout. Tottenham ne l’a sans doute jamais très sérieusement envisagé et se présente comme le finaliste le plus inattendu de la décennie. Mais cette finale est une anomalie au regard de ce que nous offre la Ligue des champions depuis dix ans.

La C1 est une piste aux étoiles qui met en valeurs ses plus beaux astres. Incapables de remporter la Coupe du monde, Lionel Messi et Cristiano Ronaldo ont construit leur carrière et leur palmarès sur elle dans un échange de bons procédés : la Ligue des champions a gagné en visibilité et en valeur au rythme des exploits de ses méga-stars. Cette finale 2019 couronne, elle, le collectif.

Antihéros

Bien sûr, elle ne sera pas avare en stars (Salah, Mané, Kane), mais Liverpool comme Tottenham ont construit leur parcours sur la cohérence de leur collectif, le groupe est beaucoup plus fort que les individualités. Et cette année, la course au Ballon d’Or ne se jouera sans doute pas ce samedi. Parce qu’il est bien difficile de sortir un héros de leur campagne. Des antihéros, les deux effectifs en ont en revanche à la pelle et ce sont eux qui ont permis à Liverpool et Tottenham d’atteindre la finale.

Côté Reds, il a fallu deux doublés de Geoginio Wijnaldum, plus habitué aux tâches obscures qu’à la lumière, et de Divock Origi, ancien de Lille qui ne s’est jamais vraiment imposé à Liverpool, pour venir à bout du Barça. Côté Spurs, c’est Lucas Moura, poussé vers la sortie au PSG, qui s’est offert un triplé et le match de sa vie face à l’Ajax amsterdam. Au tour précédent, c’est un but de Fernando Llorente, ancien de la Juventus qui a dû revoir ses ambitions à la baisse pour devenir simple second couteau à Londres, qui a fait toute la différence. Comme un symbole, les Spurs ont dû faire sans leur seule et unique immense star, Harry kane, depuis le quart de finale aller face à City. Non décidément, il fallait avoir un sacré flair pour imaginer une telle finale.


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